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Rencontres des prêtres de Montréal

Le dimanche 28 septembre 2003

La semaine dernière, j’ai vécu deux journées fort intéressantes avec des prêtres du diocèse de Montréal.

Dans un climat fraternel, nous avons pu échanger sur les défis actuels que rencontrent les prêtres dans l’exercice de leur ministère. Pour ces hommes qui ont donné leur vie au service de l’Évangile, les nombreux changements qui surviennent dans notre société sont autant de défis d’adaptation. La façon d’être prêtre aujourd’hui ressemble peu à ce qu’elle était il y a quarante ans. L’implication des personnes laïques est plus importante. Le prêtre n’est plus tant celui qui fait tout que celui qui anime, coordonne et guide l’activité pastorale et missionnaire d’un milieu.
Le nombre de prêtres est beaucoup moins élevé aujourd’hui. On le sait, de nos jours, il n’est plus possible que chaque paroisse ait un prêtre pour elle seule! Ici encore, le prêtre est appelé à s’adapter pour trouver une nouvelle façon d’être présent aux paroissiens et paroissiennes qui lui sont confiés.

La transmission de l’Évangile ne se fait plus de la même façon. Autrefois, on pouvait attendre du prêtre qu’il enseigne d’autorité la doctrine; maintenant, on souhaite davantage trouver en lui un accompagnateur. L’école a longtemps été le lieu privilégié de la catéchèse; désormais, il revient à la communauté paroissiale d’accompagner les personnes de tous âges sur le chemin de la découverte de Jésus Christ. Ici encore, le prêtre est appelé à inventer et à mettre sur pied de nouvelles façons d’annoncer Jésus-Christ.On pourrait allonger ici la liste des changements qui sont survenus au Québec depuis une quarantaine d’années..

Les tensions que génèrent ces changements sont inévitables. Lorsque les lendemains sont incertains, lorsque notre travail ne semble plus porter les fruits qu’il portait, lorsque l’enseignement de l’Église est fortement contesté par la société, il devient difficile d’être prêtre. Le fardeau est lourd à porter.

Dans une récente enquête sur les conditions de vie des prêtres du diocèse de Montréal, nous avons pu relever des indications de ces tensions. Il faut comprendre ici que pour un prêtre, la vie dans son ensemble est très intimement liée à son ministère pastoral. Comparons la situation à celle du père de famille : le cœur de sa vie réside dans le fait d’être père. Si on lui demande ce qu’il fait, il répondra probablement qu’il travaille dans tel secteur. Si on le questionne sur ce qu’il est, alors il vous parlera de sa vie de père de famille; c’est sa vocation. Pour le prêtre, le don qu’il a fait de lui-même se concrétise dans un travail pastoral précis. C’est la raison pour laquelle on ne parle pas tant d’« emploi » que de « vocation » pour un prêtre. Et c’est pour cela qu’on ne peut pas dissocier la vie du prêtre de son ministère.

L’enquête menée auprès des prêtres révèle toutefois que la vaste majorité de ceux-ci trouvent un réel bonheur dans l’exercice de leur ministère, et ce malgré des difficultés rencontrées. Elle révèle également le besoin qu’ont les prêtres d’un lien plus étroit avec leur évêque.

Dans la foulée de ce sondage, j’ai donc convoqué les prêtres de chaque région du diocèse à deux journées de rencontre. Ces journées visent à resserrer les liens qui nous unissent. En favorisant un dialogue ouvert et constructif, elles nous aident à mieux discerner ensemble ce que l’Esprit Saint nous inspire dans l’exercice de notre responsabilité face à l’Église et au monde.

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9 octobre 2003