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La fête du Sacré-Coeur

Le dimanche 22 juin 2003

Un des monuments touristiques les plus connus est certes le Sacré-Coeur de Rio de Janeiro. Géante statue qui surplombe la ville et lui ouvre les bras. C’est une figure de Jésus que les catholiques vénèrent.

Vendredi prochain, nous célébrerons la fête du Sacré-Coeur. Cette dévotion s’est beaucoup développée depuis le 17e siècle et plusieurs lieux de culte lui ont été consacrés. On n’a qu’à penser à la belle église du Sacré-Coeur de Montréal et à la chapelle du même nom de la basilique Notre-Dame 

Dans un passé pas très lointain, la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus occupait une place importante dans la religion des Québécois. Les plus âgés se souviennent de la Ligue du Sacré-Coeur dont l’appartenance était réservée aux hommes et qui était fort présente à la vie de la société d’alors. Les retraites fermées, populaires en ce temps-là, avaient souvent pour thème cette dévotion. Et dans toutes les maisons, on retrouvait l’image du Sacré-Coeur qui rappelait: « Je bénirai les foyers où mon image sera exposée ».

La fête du Sacré-Coeur n’est plus célébrée avec le même éclat de nos jours, mais elle demeure pour plusieurs encore une occasion d’honorer celui qui nous a témoigné son amour jusqu’à la mort. Au mois de juin, la chapelle de la Réparation, au bout de l’île, devient le lieu de rencontre de nombreux chrétiens que la dévotion au Sacré-Coeur rassemble. De même l’église de la paroisse du Sacré-Coeur à Montréal est un lieu fort populaire en cette fin de juin. Cette année, elle fête le 25e anniversaire de la célébration du culte au Sacré-Coeur. Je me réjouis que cette dévotion conserve toujours une place dans la vie de notre Église, car elle permet de nous centrer sur ce qui au cœur de la foi chrétienne : l’amour de Dieu pour nous manifesté en Jésus.

Dans toutes les civilisations, le cœur a toujours été considéré comme l’organe le plus important de l’être humain. C’est grâce à lui que la vie circule en nous. On le considère comme le siège de l’amour humain. Il désigne ce qui est la source de nos relations : l’amitié, le dévouement, la générosité, la pitié, l’accueil, en un mot tout ce qui est chaleureux en nous et nous ouvre aux autres. Il est le centre de notre personne.

Il n’est pas étonnant que l’on ne puisse penser Dieu comme un être d’amour, sans se référer au cœur. La Bible en parle abondamment. Le grand commandement : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur » l’affirme clairement (Dt 6,5). Les psaumes utilisent de multiples expressions tirées du langage du cœur et de l’amour pour parler de nos relations avec Dieu.

Aussi, quand Jésus a voulu nous donner une image pour nous faire saisir qui est Dieu, il a employé le langage du cœur. L’histoire de l’enfant prodigue dont le père allait voir tous les jours sur la route s’il ne revenait pas à la maison, en est un bel exemple (Luc 15, 11-32).

La dévotion au Sacré-Coeur nous révèle l’amour de Dieu pour nous. Jésus bannit l’image souvent trop tenace d’un Dieu qui est un juge sévère, froid, indifférent. Malgré notre faiblesse et notre pauvreté, Dieu nous aime au point de faire de nous ses fils et ses filles. La dévotion au Sacré-Coeur nous le rappelle et j’aime bien cela.

 

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23 juin 2003