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Dans toutes les langues

Le 8 juin 2003

Qui n’est pas émerveillé par les personnes qui ont le don de parler plusieurs langues ? C’est ce qui est arrivé aux apôtres le jour de la Pentecôte.

Ce dimanche n’est pas un dimanche ordinaire pour les catholiques. Aujourd’hui, nous célébrons la fête de la Pentecôte, cinquante jours après Pâques. La Pentecôte, c’est la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres, l’Esprit qui a animé et guidé Jésus. La Pentecôte, c’est la naissance de l’Église.

Le livre des Actes des apôtres nous relate l’événement haut en couleurs. Pour nous les plus âgés et pour les personnes qui ont entendu ce récit, l’imagination est sans aucun doute frappée par les images et les comparaisons que l’évangéliste saint Luc utilise pour nous raconter le don de l’Esprit Saint aux apôtres.

La venue de l’Esprit est semblable au bruit d’un violent coup de vent et elle se manifeste dans l’image des petites flammes de feu qui, comme des langues, viennent se poser sur les apôtres. L’évangéliste indique que les gens qui par la suite entendent les apôtres, comprennent leur discours chacun dans sa propre langue.

Luc n’a pas assisté lui-même à la Pentecôte. En revanche, il est témoin de ses conséquences. L’annonce de l’Évangile par les apôtres a fait de nombreux disciples parmi les nations les plus diverses. Lui-même, bien qu’il soit d’origine grecque, est venu à la foi au Christ de cette façon. Il peut donc affirmer que l’Évangile est capable d’être proclamé dans toutes les langues et être signifiant pour des humains aux horizons culturels variés.

Encore de nos jours, l’Évangile n’a pas perdu cette capacité. Il suffit de penser aux cent voyages de Jean-Paul II à travers le monde. Non seulement réussit-il à s’adresser aux gens dans leur langue, mais encore constatons-nous que les chrétiens sont répandus sur la surface du globe.

Mais il ne suffit pas de savoir parler la langue des auditeurs et des auditrices pour leur annoncer l’Évangile. Il faut aussi user d’un langage approprié pour que se produise la rencontre entre la personne et le message du Christ et l’expérience de vie des gens. Tel est le défi que nous devons sans cesse relever. Et ce défi est la norme aujourd’hui.

Je ne me cache pas la difficulté que nous éprouvons, dans l’Église actuelle, à rencontrer la culture contemporaine. À l’origine, l’annonce de l’Évangile dans la culture grecque ne se fit pas sans peine. Il ne saurait en être autrement au grand tournant de civilisation que nous connaissons aujourd’hui.

Je garde cependant confiance. Je suis convaincu que, depuis la première Pentecôte, l’Évangile ne peut être annoncé et s’enraciner dans la culture que par le témoignage de personnes qui ont découvert que le Christ Jésus leur permet de s’accomplir pleinement comme homme, comme femme dans l’ordinaire de leur vie.

Le message de Jésus prend du sens lorsqu’il rencontre nos aspirations et nos questionnements ou lorsque nos efforts pour atteindre notre épanouissement nous laissent parfois sur notre faim. C’est dans de telles circonstances que l’Esprit Saint peut nous réchauffer ou nous bousculer comme un grand vent ou nous réconforter comme une brise légère. Et il nous donnera assurément les mots et le langage pour partager notre découverte.

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9 juin 2003