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Un être pas comme les autres Le 18 mai 2003 Jaimerais vous parler aujourdhui dun évêque pour qui jai beaucoup dadmiration et de vénération. Un évêque de chez nous qui est devenu un saint. Et un évêque saint, cest plutôt rare! Il sagit de Mgr Louis-Zéphirin Moreau qui fut le quatrième évêque de Saint-Hyacinthe. Je vous en parle aujourdhui parce que nous le célébrons cette semaine, le 24 mai, et quen son temps il a posé des gestes audacieux. Mgr Moreau est né en 1824 à Bécancour
dans une famille de cultivateur. Il fit ses études classiques
et la majeure partie de ses études théologiques au séminaire
de Nicolet. De santé fragile et souvent malade, il fut refusé
au sacerdoce par son évêque qui était lévêque
de Québec. Ce dernier jugeait quil avait assez de « pots
fêlés » dans son diocèse. Lévêque
de Montréal posa un autre jugement sur lui et il laccepta
dans son diocèse. Il déjoua tous les pronostics. Il mourut
en 1901 à lâge de 77 ans. À travers les années, il va assumer diverses responsabilités et être au service de deux autres évêques qui auront charge du diocèse. En 1876, il est sacré le quatrième évêque de Saint-Hyacinthe à la grande satisfaction des prêtres et des laïcs du diocèse qui disaient depuis longtemps : « Quest-ce quils attendent donc pour le nommer évêque? » Pendant vingt-cinq ans, il sera un pasteur attentif au besoin des gens et manifestera une grande bonté à lendroit de tous. Travailleur infatigable, il était à la fois pieux et entreprenant, humble et fier, contestataire à ses heures mais toujours soucieux dunité. Il noua même des liens de solidarité avec les autres Églises. Sa charité était proverbiale. Elle lamena à se faire accueillant envers tous, proche des plus démunis et généreux jusquà lindigence. Cest pourquoi on lappelait « le bon Mgr Moreau ». Sa charité sincarnait dans une réponse aux besoins matériels des gens de son temps. Mgr Moreau sest montré capable dinitiatives novatrices. Ainsi il fonda, en 1874, une mutuelle dassurance, lUnion Saint-Joseph, pour aider les ouvriers du textile et, entre 1890-1898, il distribua plus de cent mille dollars aux membres. Il encouragea la création des cercles agricoles pour lutter contre lémigration vers les États-Unis qui dépeuplait son diocèse. Ce qui touchait lavenir de la population francophone le touchait aussi. Il sest engagé dans la question de lindépendance de lUniversité de Montréal et il sest prononcé en faveur des écoles françaises au Manitoba. Pourtant il ne payait pas de mine et était un être chétif et de petite taille. Il aurait pu se sentir handicapé, mais cétait « une âme forte dans un corps faible ». Il a su comprendre que la vie au quotidien nest pas étrangère à la vie de foi. Pour moi, la vie Mgr Moreau mapprend beaucoup et me découvre que la sainteté est à la portée de tous, même des évêques.
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