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La vocation à la prêtrise

Le 11 mai 2003

Aujourd’hui, les églises catholiques soulignent la journée mondiale de prière pour les vocations. Ce matin, j’aimerais parler de la vocation à la prêtrise.

Au départ, être prêtre n’a rien de commun avec un métier ou une profession. Être prêtre est avant tout un don de soi au service de l’Évangile. Bien entendu, l’exercice de la prêtrise suppose des habiletés particulières, voire professionnelles. Le prêtre doit être capable de relations humaines vraies et authentiques, il doit être bon communicateur, animateur de communauté, guide avisé.

Dans sa vie personnelle, il doit nourrir généreusement sa vie intérieure par la prière et agir en fidélité avec les promesses qu’il a prononcées au jour de son ordination. Sans compter qu’il est lui aussi un baptisé, disciple de Jésus-Christ, d’où il est appelé à vivre généreusement l’Évangile. Partage, pardon, solidarité sont des valeurs qu’on doit retrouver chez lui comme chez tous les catholiques.

Le prêtre est ordonné pour une mission particulière. Proche collaborateur de l’évêque, il veille à ce que Jésus Christ soit annoncé et proclamé par la Parole de Dieu et les sacrements, en particulier ceux de l’Eucharistie et de la Réconciliation. Représentant le Christ Pasteur, le prêtre a la charge pastorale des membres d’une communauté chrétienne, paroissiale ou autre.

Il n’est pas facile pour l’évêque d’un diocèse de « faire un prêtre ». En tant qu’archevêque de Montréal, il m’incombe la lourde responsabilité d’authentifier l’appel qu’une personne ressent à donner sa vie comme prêtre pour l’Église de Montréal. Bien entendu, de nombreuses personnes m’aident et collaborent avec moi dans l’exercice de cette responsabilité. Mais il n’en demeure pas moins qu’ensemble nous avons à être à l’écoute de ce que le Seigneur désire pour son Église. Et ce n’est pas toujours simple ou facile.

Avant d’ordonner un homme au presbytérat, je prends toujours le temps de le rencontrer pour entendre l’histoire de sa vocation. Chaque fois, je suis étonné et émerveillé de découvrir quel chemin il a parcouru. Il existe une grande variété de cheminements. Un a ressenti l’appel étant tout jeune, un autre a découvert Jésus à vingt-cinq ans, puis trouvé sa vocation à trente-cinq.

Pour que cet appel soit entendu, nous devons tous nous interroger sur nos façons de faire. D’abord les parents : comment est-ce que j’aide mes enfants à découvrir l’appel que Dieu leur lance? Au-delà du « qu’est-ce que ça te tente de faire », il existe un appel plus profond. Quant aux éducateurs, l’apprentissage à découvrir la mission propre de chaque personne doit pour eux être une priorité. Chacun peut contribuer à ce que les appels que Dieu lance soient entendus.

Lorsque Dieu appelle quelqu’un à une mission particulière, c’est un don qu’il fait à nous tous. Il nous témoigne par là de son désir de voir son Royaume se réaliser toujours davantage. Dieu donne à son Église des ouvriers. En répondant généreusement à l’appel du Seigneur, une personne devient signe de gratuité. Dans un monde où tout est calculé en fonction de la productivité et de la rentabilité, voilà que surgissent des personnes qui font de leur vie un pied de nez à cette vision contraignante de la vie humaine.

Je souhaite que tous ceux et celles qui se disent catholiques portent ce souci de la vocation et aident les jeunes choisis par le Seigneur à entendre son appel à se réaliser dans la prêtrise.

 

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9 juin 2003