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Un être dexception Le 27 avril 2003 Chaque pays a ses héros et ses héroïnes, chaque époque est marquée par des êtres dexception. Les fondateurs et les fondatrices de notre pays sont de ceux-là. Sans leur confiance en lavenir, sans leur persévérance au milieu de multiples difficultés, sans leur foi profonde en Dieu, la Nouvelle-France naurait pas survécu. Marie de lIncarnation fait partie du nombre. On la surnomme la Mère de la Nouvelle-France. Née à Tours en 1599 dans une famille de commerçants, elle sappelait Marie Guyart. Elle sétait mariée à Claude Martin dès lâge de 17 ans. À peine devenue mère, elle devint veuve. Marie na alors que 19 ans et est criblée de dettes. Le commerce de son défunt mari étant au bord de la faillite, elle doit travailler darrache-pied afin de se libérer de ses créanciers. Par la suite, elle ira vivre chez sa sur où, pendant une dizaine dannées, elle secondera son beau-frère dans son entreprise de transport de courrier où elle révélera ses talents pour le commerce. Se sentant appelée par Dieu à devenir religieuse, Marie entre au Monastère de Ursulines de la ville de Tours après avoir confié son fils, âgé de 12 ans, aux Jésuites pour en assurer léducation. Mais la vie de religieuse Ursuline ne la satisfait pas pleinement. Mère Marie de lIncarnation désire être missionnaire en Nouvelle-France. En 1639, Marie débarque à Québec. Elle est accompagnée dune autre figure du pays naissant, Madame de la Peltrie, qui la quittera bientôt pour suivre Jeanne Mance, qui fondera lhôpital de lHôtel-Dieu de Montréal Deux autres Ursulines et trois religieuses hospitalières sont du voyage. À cette époque, la bourgade de Québec compte moins de trois cents personnes. La vie y est dure. Les hivers longs et rigoureux. Le premier logement des nouvelles arrivantes est exigu, mais lingéniosité de Marie y rendra la vie possible en attendant la construction dun modeste couvent. Cette construction ne pouvait attendre, car en plus de loger
les religieuses il fallait aussi penser à accueillir les jeunes
pensionnaires amérindiennes qui rempliraient cette première
école. Marie de lIncarnation en dessina elle-même les
plans, inspirée par ceux du monastère de Tours quelle
avait pu étudier lorsquelle était en France. Auteur dune correspondance abondante, elle raconte la vie de la nouvelle colonie tout en exprimant les fondements de sa spiritualité. Marie de lIncarnation connaîtra des doutes, des incertitudes. Mais sa foi en Dieu la soutiendra ainsi que son amour de la nouvelle colonie. Son fils bénédictin, Dom Claude Martin, éditera ces nombreux écrits. Je me souviens est notre devise. Il est bon de connaître notre passé.
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