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Non à la guerre

Le 23 février 2003

La question d’une guerre en Irak occupe depuis plusieurs semaines les manchettes de l’actualité. Comme beaucoup de gens ordinaires, je partage un sentiment de crainte et même de peur devant la possibilité de voir éclater une guerre dont les dimensions mondiales n’échappent à personne.

Même si j’étais très jeune – j’avais 9 ans à la fin de la dernière guerre mondiale – j’ai gardé un souvenir très vif de cette période. Les nouvelles à la radio faisaient état de centaines, de milliers de civils tués dans les bombardements. Même si la télévision n’existait pas encore, les journaux nous montraient des photos de la guerre : des villes dévastées, les cohortes d’enfants, de vieillards et de femmes traînant leur maigre bagage sur les chemins de la fuite et de l’exil.

Plus tard ce furent les horreurs des camps de concentration, les fours crématoires, les cadavres entassés dans les fosses et les pauvres survivants qui semblaient sortis de l’enfer.

Par la suite, nous avons hélas connu d’autres conflits moins généralisés, des conflits régionaux, mais avec les mêmes images d’horreur. Qu’on pense à la Corée, au Vietnam, à l’Algérie, ou au Congo pour n’en citer que quelques-uns.

Les armes pour faire la guerre se sont sans cesse développées. Elles se sont sophistiquées, atteignant un degré de destruction qu’on a peine à imaginer. Aussi la guerre ne peut engendrer que la violence et la mort. La guerre moderne ne peut qu’apporter son lot, de plus en plus lourd, de victimes innocentes.

La guerre fait naître des haines dont les générations successives de vainqueurs et de vaincus sont incapables de se débarrasser. Les querelles et les animosités entre les pays de l’Europe de l’Est nous le rappellent. Aujourd’hui encore perdurent les haines engendrées par la guerre de 1914-18, quand ce n’est pas celles engendrées par des luttes plus anciennes. La situation de l’Irlande du Nord est là aussi pour nous rappeler que le temps n’efface pas toujours le passé.

Peut-être je n’ai pas le talent nécessaire pour comprendre la complexité de la situation et les subtilités du raisonnement des chefs d’état et de leur politique guerrière? Je dois le confesser, j’ai développé une allergie à toute guerre et à toute violence et haine qu’elle fait naître.

Je suis croyant et je suis convaincu que le Dieu d’amour auquel je crois ne veut pas la guerre. En Jésus, il a déclaré :« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. » (Matthieu 5, 9)

En ce dimanche, je ne peux que joindre ma modeste voix à celles de millions de mes frères et sœurs à travers le monde pour supplier les dirigeants politiques de tout faire pour éviter la violence, la haine et la guerre.

Peut-être pourriez-vous vous joindre à ma prière pour demander à Dieu qu’il donne à nos dirigeants un peu de sa Sagesse et de sa Force pour trouver un chemin de paix dans la situation présente.

J’aimerais terminer en citant les mots du pape à l’occasion de ses vœux de l’an nouveau aux ambassadeurs auprès du Vatican. «  Non à la guerre! Elle n’est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l’humanité…La guerre n’est jamais un moyen comme un autre que l’on peut choisir d’utiliser pour régler des différends entre nations. »

notre Archevêque


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24 avril 2003