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Le successeur de saint Pierre

Le 16 février 2003

L’été dernier, la venue du pape Jean-Paul II au Canada, à l’occasion de la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto, a suscité de nombreux commentaires.

Certains posèrent alors la question : compte tenu de son âge et de sa mauvaise condition phisique, le pape ne devrait-il pas démissionner? L’Église devrait être dirigée par un homme en pleine santé.

Or le pape Jean-Paul II demeure en poste. Pour lui, il est important de rester là où il se considère être appelé. Ce qui va à contre-courant des tendances actuelles où la retraite semble l’objectif ultime de toute vie. Pour lui, l’essentiel est ailleurs. Les jeunes venus à Toronto l’ont compris. Ils expriment souvent leur admiration à Jean-Paul II qui demeure fidèle à sa mission.

Ces discussions sur la démission du pape nous invitent à nous poser la question : Quel est le rôle du pape dans l’Église et dans le monde? Samedi prochain, nous célébrerons la fête de la « Chaire de saint Pierre ». Nous y rappelons que le Seigneur Jésus a institué Pierre chef du groupe des Apôtres, lui confiant une mission importante. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16, 18).
Depuis lors, la succession de saint Pierre est assurée par les papes qui, à travers les siècles, ont pris le relais de cette importante mission. Pierre vint à Rome après la résurrection du Christ. C’est là que se trouve le centre d’unité de l’Église catholique. C’est pour cela que le pape est d’abord l’évêque du diocèse de Rome.

L’évangéliste Luc nous rappelle cette parole de Jésus à Pierre : « Affermis tes frères » (Lc 22,32). Nous reconnaissons ici une part importante du rôle du pape : nous affermir dans la foi. C’est pourquoi ses messages tiennent une grande place dans notre vie de baptisés. On doit les lire avec intelligence, dans un esprit de foi. Nous ne pouvons être « affermis dans la foi » que si nous acceptons d’accueillir avec ouverture ce que nous enseigne le successeur de Pierre.

Jésus a choisi Pierre pour être à la tête du groupe des Apôtres. Il en a fait le responsable de l’unité et de la charité. Les successeurs des Apôtres sont les évêques d’aujourd’hui. Chaque évêque a la responsabilité pastorale d’un diocèse. Le pape porte le souci de l’unité entre lui et ses frères évêques, et des évêques entre eux.
Il est bon de remarquer que saint Pierre n’était pas parfait. Il a renié le Christ, cédant sous la peur d’être maltraité (Mt 29, 66-75). Il n’a donc pas été choisi à cause de sa perfection humaine, mais bien à cause de sa foi : il croyait avec force que Jésus était le Messie, le Fils du Dieu vivant (Mt 16, 16). Le pape n’est pas une personne parfaite. Il a été choisi par Dieu à cause de sa foi, sa foi en Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu.

Jean-Paul II ne laisse personne indifférent. Il invite courageusement à la paix, à la justice, au respect de la dignité de chaque personne. Il est un exemple vivant de foi, de rectitude et de persévérance, et ce malgré les nombreuses épreuves qu’il a affrontées et qu’il affronte encore. Remercions Dieu de nous avoir donné en Jean-Paul II un homme courageux et fidèle à la mission qu’il a reçue.

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24 avril 2003