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Quand vient la vieillesse

Le 9 février 2003

La vieillesse, voilà un mot qu’on n'aime pas trop prononcer On lui préfère des expressions comme le troisième âge ou mieux encore l’âge d’or.

On aime mieux le mot jeune. Notre monde n’en a que pour la jeunesse que l’on glorifie et qui semble le véritable âge d’or de la vie. Pourtant la vieillesse est une réalité bien visible chez nous. Il suffit d’aller dans les corridors bondés d’une urgence d’hôpital pour voir le grand nombre de personnes âgées alitées. Il suffit de chercher une institution qui pourrait recevoir un membre âgé de sa famille pour réaliser qu’il faut s’inscrire sur une liste d’attente souvent fort longue. Il suffit d’entendre les propos de nos gouvernants sur la situation de notre système de santé qui est lourdement hypothéqué en raison du vieillissement de la population.

Chaque année, il m’arrive de visiter des institutions pour personnes âgées. Je suis toujours étonné par l’atmosphère qui règne dans ces établissements. La maladie est certes visible, mais aussi la vie qui s’exprime de diverses façons. La souffrance est présente dans les corps de bien des personnes, mais aussi le désir de continuer à vivre. La solitude de plusieurs se révèle, mais aussi la camaraderie qui relie les personnes.

Ce qui donne un caractère particulier à un établissement est l’action du personnel soignant ou autre. Ces hommes et ces femmes apportent aux résidants les soins et la chaleur humaine dont ils ont tant besoin. Ils leur donnent cette attention qui fait que les personnes sont reconnues comme des individus avec leurs particularités et non des cas à soigner ou des numéros.

J’admire le dévouement de ces personnes qui savent écouter, réconforter, égayer l’existence des pensionnaires. Elles ont droit à toute notre admiration. Il faut certes des qualités propres à cette fonction. Il faut une vocation. Leur action montre combien les personnes âgées, auxquelles les soins matériels sont accordés, ont aussi des besoins d’ordre affectif à combler. Le cœur réclame autant d’attention que le corps. Et parfois beaucoup plus.

Les personnes âgées qui sont en institution, tout spécialement, désirent ne pas être coupées de la vie à l’extérieur. Elles ont besoin de garder contact avec les membres de leur famille. De recevoir des nouvelles des leurs proches et de leurs amis. De se sentir encore aimées par ceux et celles qui ont partagé leur vie avant d’être confinées à une chambre.

C’est le poids de la solitude qui est souvent le plus difficile à porter pour des personnes âgées. La solitude qui est faite d’indifférence et d’ingratitude de la part de ceux et celles qui devraient pourtant leur témoigner affection et attention. Parfois à la solitude s’ajoute l’exploitation des personnes âgées par leurs propres enfants. Et même l’exploitation chargée de menaces afin de pouvoir s’emparer de leurs biens et de leurs ressources. Cette conduite plus que répréhensible existe pourtant.

Peut-être avons-nous à revoir notre façon d’agir avec nos vieux parents? Peut-être avons à recréer des liens brisés? Honore ton père et ta mère reste toujours vrai et est le gage du traitement que nous recevrons un jour quand nous serons vieux.

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24 avril 2003