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Le temps de régler les comptes

Le 19 janvier 2003

Le temps des fêtes est bel et bien terminé. Guirlandes et décorations sont rangées et nous reprenons le rythme habituel de nos activités.

Viens maintenant le temps de régler la note. Il faut bien payer les dépenses que nous avons faites pour célébrer Noël et le Nouvel An.

Lorsque notre condition financière est confortable, cette situation ne risque pas de nous causer d’angoisse. Pour plusieurs, seul un budget serré permettra de régler le tout. Pour d’autres, les factures du temps des fêtes ne font qu’empirer une situation financière déjà précaire.

Je pense en particulier aux personnes pour lesquelles le prix du loyer représente une part importante de leur revenu. Les études démontrent que lorsqu’un certain pourcentage du revenu alloué au logement est dépassé, il devient difficile de faire face aux dépenses courantes. Nous pouvons imaginer ce que des dépenses imprévues ont comme effet sur le budget.

C’est dire combien le coût du loyer est un facteur déterminant dans la lutte à la pauvreté. Le logement constitue un bien essentiel de notre vie. La situation de rareté actuelle dans le secteur du logement – nous observons actuellement à Montréal un taux d’inoccupation des plus bas – n’est pas une bonne nouvelle pour les personnes à faible revenu. En effet, dans notre système économique, la rareté d’une ressource occasionne, entre autres choses, une augmentation de son prix. Ainsi, le fait que le logement soit une rareté signifie une hausse du coût du loyer. Et on pourra être plus sélectif dans le choix des locataires.

Sans pour autant contrevenir à la loi, il devient possible de profiter financièrement de la pénurie de logement. Qui sont les grands perdants? Les personnes à faible revenu, les familles mono-parentales, les jeunes en réinsertion sociale, les réfugiés politiques. Déjà appauvris par leur situation sociale, voilà que s’ajoute pour eux un problème supplémentaire.

Lorsque les plus démunis sont touchés par une conjoncture économique donnée, il appartient à l’État d’y voir. Une des fonctions importantes d’un gouvernement consiste en effet à voir à la redistribution de la richesse collective. Les taxes et le prélèvement des impôts sur le revenu constituent des moyens au service de cette redistribution.

En ce qui regarde la situation du logement, une mesure consiste en la création de logements à loyer modique. Chaque année, des fonds sont alloués pour la création et le maintien de logements sociaux. Lorsqu’une coopérative d’habitation est créée pour gérer un ensemble de logements, ce sont les locataires eux-mêmes qui voient à la gestion de leur milieu de vie, ce qui favorise la prise en charge en vue d’un développement durable.

Dans quelques mois, plusieurs centaines de personnes partiront à la recherche d’un logement à Montréal. Nous risquons fort, cette année encore, de revivre le scénario des dernières années : une course folle dont les plus démunis sortiront perdants. Il est important d’agir sur cette situation.

Parmi les nombreux appels auxquels ils ont à répondre, nos gouvernements sont invités à placer en priorité la question du logement social. Il est urgent d’investir les sommes nécessaires afin que les plus appauvris de notre société aient un logement et ainsi soit respectée leur dignité de fils et de fille de Dieu.

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24 avril 2003