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La fête des Rois

Le 5 janvier 2003

La coutume veut qu’avec le jour des Rois se termine le temps des fêtes. Fini le temps privilégié des réjouissances en famille ou entre amis.

La vie va reprendre son cours normal et les décorations qui ont égayé et illuminé notre décor vont retrouver leurs boites de rangement jusqu’à l’an prochain.

La fête des Rois nous rappelle le rêve de Dieu de jeter un pont entre le ciel et la terre. Tous les hommes et les femmes pourront l’emprunter en suivant la route que tracera Jésus. Personne n’est exclu de ce rêve. Les mages d’Orient, que la fête des Rois met en scène, nous révèlent l’accueil de toute l’humanité par Jésus. Ces lointains voyageurs, interrogés par les signes du temps, se sont laissés conduire par cette mystérieuse étoile qui les a menés à Jésus et ils reconnaissent qu’il peut guider leur vie.

Par sa vie et son enseignement, Jésus va affirmer que nul n’est étranger à l’amour que Dieu nous porte. Cet amour appelle à nous aimer les uns les autres, même nos ennemis. Jésus nous enseigne qu’il faut faire tomber les murs de la haine et l’indifférence entre les humains parce que nous sommes tous les enfants d’un même Père : Dieu. C’est pourquoi l’accueil de l’autre, de l’étranger qui vient s’établir chez nous est le premier devoir de la personne qui se dit croyante. Et nous sommes à même de vivre cette valeur, puisque notre pays est devenu une terre d’accueil pour des milliers d’immigrants au cours des ans.

Si la réalité de l’immigration est peu visible en province, elle est un fait bien manifeste dans une ville comme Montréal. Des quartiers sont dorénavant habités par une population originaire d’un pays lointain. Tout en s’intégrant à la vie d’ici, elle continue à vivre les coutumes et les traditions qui lui sont propres. Avec elle, la ville prend un visage cosmopolite.

L’immigration pourquoi? La baisse de la natalité de la population de souche entraîne que l’immigration devient le moyen nécessaire pour assurer l’avenir. Alors que la population vieillit à un rythme accéléré, seule l’arrivée de nouveaux citoyens peut aider à répondre aux nombreux besoins auxquels notre société doit faire face. L’immigration est une réalité avec laquelle il faut apprendre à vivre, car elle nous est nécessaire. De plus, il y a de par le monde des situations où des personnes voient leur vie menacée et doivent fuir leur pays. Ce qui les amènent à demander l’asile politique chez nous.

Les personnes qui choisissent notre pays sont des êtres humains qui, comme nous, sont à la recherche d’une vie heureuse et remplie. Les valeurs que nous chérissons ne sont pas très différentes de celles qui leur sont importantes. Mais leur culture et leur tradition leur donnent une couleur particulière. C’est la barrière des préjugés qui fait que l’étranger est quelqu’un d’étrange. Il faut aller vers lui pour découvrir comment il peut nous enrichir de sa différence.

La fête des Rois nous rappelle le rêve de Dieu : réunir les êtres humains dans une grande famille. C’est à nous de réaliser notre part de ce rêve durant notre passage sur terre. Si nous croyons à l’égalité des humains, en leur dignité fondamentale nous pourrons donner vie à ce rêve.

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24 avril 2003