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L’Action de grâce

Le 13 octobre 2002

Revoici la fête de l’action de grâce et avec elle le dernier grand week-end avant les froids de l’hiver.

Cette fête nous invite à célébrer les beautés de l’automne. Et aussi à nous souvenir que la nature est généreuse et que doit monter de notre cœur une action de grâce pour en remercier l’auteur.

Chaque saison a ses beautés et chacun préfère l’une plus que l’autre. Mais l’enchaînement des saisons, tel que nous le connaissons chez nous, fait que l’automne nous offre le spectacle unique des forêts multicolores qui ne cessent de susciter l’émerveillement année après année.

Il nous présente aussi un merveilleux spectacle dans les marchés publics des villes. Ainsi à Montréal, les étals du marché Atwater ou Jean-Talon sont débordants de fruits et de légumes de toutes sortes et de toutes couleurs qui nous découvrent la richesse de la terre. On ne peut qu’être rempli de ravissement et de contentement à la vue de cette variété et de cette abondance. Il faut voir comment les marchés sont alors envahis d’acheteurs ou simplement de curieux qui viennent jouir du spectacle.

L’automne apporte avec lui ses souvenirs. Quand j’étais petit, mon grand-père m’amenait au marché. Il y achetait des fruits et des légumes pour faire des conserves en prévision de l’hiver. En ce temps-là, il n’y avait pas de supermarché où on pouvait tout retrouver à longueur d’année. Mon grand-père, qui était un homme rusé, attendait la fin de l’après-midi pour se rendre au marché. Il savait bien que les marchands, après une longue journée qui pour eux avait commencé à l’aube, étaient prêts à réduire leur prix après un certain marchandage. Et mon grand-père réussissait toujours à obtenir les meilleurs prix.

Le jour de l’action de grâce a son origine dans la reconnaissance que nous rendons à Dieu de nous entourer de tant de beautés et de nous donner les fruits de la terre, qui se fait nourricière pour nous. Il est bon, qu’une fois l’an, nous nous souvenions et nous nous arrêtions pour remercier l’auteur de cet univers qui ne cesse de nous épater.

Nos ancêtres qui vivaient directement de la terre étaient plus sensibles que nous à notre dépendance de la nature. Ils savaient reconnaître le mystère de la vie qui s’exprime si richement dans la nature. Ils savaient le reconnaître et ils savaient en rendre grâce.

Le jour de l’action de grâce doit aussi nous rappeler le respect de l’environnement sans lequel notre terre ne peut se faire nourricière. Nous sommes de plus en plus sensibilisés à la question. Mais nous oublions facilement les petits gestes que nous posons qui sont autant d’atteintes à la nature. Ainsi polluer les bois, les lacs, les rivières en y jetant tous nos déchets. Nous sommes plus sensibles à l’action des grands pollueurs qui font la manchette des journaux. Mais les uns comme les autres, nous sommes tous fils et filles d’une seule et même terre et tous nous en sommes les gardiens.

Si vous allez à la campagne ou au marché aujourd’hui ou demain, arrêtez-vous une seconde ou deux pour écouter les couleurs et les fruits de la terre vous parler. Ils vous diront de bien belles choses et vous inviteront à dire un merci à Dieu.

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5 mai 2003