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Le travail

Le 8 septembre 2002

« Travailler, c’est trop dur! », dit la chanson. Lorsque quelqu’un gagne le gros lot à la loterie, on lui demande spontanément : « Vas-tu laisser ton travail? » À croire que le travail ne sert qu’à gagner de l’argent?

Évidemment nous travaillons « pour gagner notre vie ». Le revenu que nous tirons de notre travail nous permet de payer ce dont nous avons besoin pour vivre.

Mais le travail est plus qu’un simple gagne-pain. Il produit quelque chose. Lorsque nous échangeons notre temps et nos services contre de l’argent, nous contribuons d’une certaine façon à la qualité de vie de nos concitoyens.

Ainsi le travail de chacun et de chacune d’entre nous est une authentique contribution à la construction de notre monde. Par exemple, la personne qui ramasse nos ordures, celle qui gère nos assurances, l’autre qui place les aliments dans le comptoir à l’épicerie et celle qui préside aux travaux du gouvernement, toutes ces personnes font marcher la société dans laquelle nous vivons.

Notre emploi nous donne l’occasion de découvrir la valeur de nos gestes, de nos attitudes, de notre service du prochain. Chacun peut dire comment ce qu’il fait est une contribution, si petite soit-elle, à notre monde. Et comment son travail contribue à le réaliser aussi d’une certaine façon. C’est pour cela que la société doit avoir pour objectif le plein emploi.

Cette façon de voir nous fait sortir d’une vision purement individualiste et personnelle du travail. Le travail est beaucoup plus qu’un gagne-pain. Nous découvrons un sens beaucoup plus grand et beaucoup plus noble au travail : la construction de la cité humaine.

Malheureusement, ce sens du travail est souvent perverti. Pour certains les conditions de travail sont telles qu’on peut presque parler d’esclavage. Pour d’autres, la dimension « faire carrière » prend tellement de place que le travail s’en trouve réduit à un simple moyen de valorisation personnelle.

Il importe donc que nous demeurions très attentifs à la question des conditions de travail. Encore trop de gens sont contraints à travailler dans un environnement malsain, à des quotas de production élevés, à des horaires impossibles. Pour limiter le nombre de ses employés, quelques firmes obligent pratiquement les ouvriers à faire des heures supplémentaires de façon régulière. Heureusement, notre code du travail oblige tout employeur à respecter certaines normes.

Il importe aussi de prendre conscience que le danger de réduire le travail à un moyen de valorisation personnelle est plus que jamais présent dans notre monde. Trop souvent, la course à la promotion désunit des couples, détruit des vies familiales, brise des amitiés. Il convient de se rappeler régulièrement quel est le sens de notre travail. Lorsqu’il ne sert plus qu’à faire de nous quelqu’un « d’important », il faut sonner l’alarme. C’est le signe d’un dérapage à contrôler. Ainsi, lorsqu’une promotion se présente, il est primordial de s’interroger sur ses impacts dans notre vie personnelle.
Le travail n’est facile pour personne. Mais nous devons, comme société, nous donner les moyens de conserver au travail toute sa noblesse, en favorisant le plein emploi et des conditions de travail respectueuses de la nature humaine.

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5 mai 2003