Les invités de Benoît XVI à Assise

L’Agence de presse Internationale Catholique (APIC), et IMedia – deux agences de presse catholique – rapportent ce qu’avaient à dire quelques-uns des 300 invités d’Assise 2011. En voici des extraits.

« Le secrétaire général de la Conférence internationale des chercheurs islamiques Kyai Haji Hasyim Muzadi a relevé que « de nombreux problèmes entre les hommes sur cette terre venaient précisément de ceux qui suivent une religion ». Ce phénomène, a déclaré celui qui se trouve à la tête de la plus grande organisation musulmane d’Indonésie, s’explique par le fait que « des religions authentiques (…) peuvent avoir des disciples qui ne sont pas capables d’en comprendre le caractère salutaire ».

… Aux yeux du rabbin David Rosen, « pour beaucoup, dans le monde, la paix est une nécessité pragmatique » et il ne faut pas « minimiser la bénédiction que représente pour notre monde un tel pragmatisme ». …L’archevêque de Canterbury, l’anglican Rowan Williams, a assuré que les leaders religieux n’étaient pas réunis à Assise autour d’un « dénominateur commun minimum, mais pour élever la voix depuis les profondeurs de (leurs) traditions, dans toute leur singularité, de façon à ce que la famille humaine puisse être plus pleinement consciente de quelle sagesse il y a à puiser dans la lutte contre la folie d’un monde encore obsédé par la peur et les soupçons, encore amoureux de l’idée d’une sécurité basée sur une hostilité défensive ».

Pour sa part, le porte-parole de la religion Ifu et Yoruba Wande Abimbola a estimé que toutes les religions « sont valides et précieuses aux yeux du Tout-Puissant ». …

Mise en garde de l’homme contre lui-même

Le représentant de la religion hindoue Acharya Shri Shrivatsa Goswami a affirmé que le dialogue serait « un exercice futile » s’il n’était pas entrepris « avec humilité, patience et le désir de respecter ‘l’autre’ - et cela sans exiger la même chose en échange ».

« Il n’y a pas de place pour la violence ou le terrorisme dans la religion, qui souligne à quel point chaque vie est précieuse et doit être aimée », a déclaré le bouddhiste coréen Ja-Seung….

« La rencontre de nos diversités ici, à Assise, témoigne que l’hypothèse de la destruction n’est pas la seule possible », a assuré Julia Kristeva, philosophe et écrivaine française d’origine bulgare, seule non-croyante.  « L’ère du soupçon ne suffit plus », selon la philosophe, pour qui il faut passer à « l’ère du pari », afin que l’homme puisse « poursuivre longtemps son destin créatif ».
(apic/imedia)