In memoriam

BERTRAND HENRI ABBÉ (1923-2011)

2011-04-05

M.l'abbé Henri Bertrand vient de nous quitter après quelques mois de maladie. Il a donné sa vie au Christ et il a mis sa foi et son espérance dans la Parole de Dieu : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; tout homme qui vit et qui croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela? » Depuis le jour de son Ordination presbytérale, Henri s'est laissé éclairer et guider par le message de Jésus. Il y a été fidèle tout au long de sa vie en exercant sa mission de prêtre.

Au premiers jours de son ministère, j'ai eu la joie de le rencontrer. J'étais étudiant au collège de l'Assomption. Comme tous les jeunes qui épient les moindres gestes de leur maître, cette jeunesse est sans pitié, j'ai pu reconnaître en cet éducateur un homme droit et juste, un homme de jugement, capable de complicité dans nos   «écartades», un prêtre qui croyait à son sacerdoce à travers des tâches parfois ingrates. Chose rare, il avait la faveur de tous les étudiants. Aussi je conserve un souvenir ému de cet homme intelligent et sensible que nous tenterons de découvrir dans les différentes étapes d'une vie simple et admirable.

Henri est le fils de Fabia Laporte et de Sylvio Bertrand. Il nait à Montréal, le 13 novembre 1923. Il fréquente l'école paroissiale Saint-Anselme et le collège de l'Assomption. Après sa formation au Grand Séminaire, il est ordonné prêtre à la Cathédrale par Mgr Joseph Charbonneau, le 11juin 1949. Ancien du Collège, il était tout désigné pour y revenir et y oeuvrer trente années comme animateur des étudiants et professeur. En 1979, après une période sabbatique et quelques moins de ressourcement pastoral à Marie-Victorin et au stage de Rome, l'abbé Bertrand accepte un nouveau ministère comme aumônier à la Résidence Maison Neuve pour personnes âgées. Dix ans plus tard, en 1989, il prend une retraite encore active ponctuée par différents ministères en paroisse. Il réside alors au presbytère Saint-Marc et à la Résidence Roger-Marien au milieu de confrères prêtres. Il passe les derniers mois à Ignace-Bourget.

Dans sa famille, le jeune Henri vit au milieu de frères et soeurs. Jumeau de son frère Lucien, ils vivront des années heureuses, sans jamais se laisser. À la mort de Lucien, durant de longues années, Henri se rendra tous les jours prier sur la tombe de son frère. Lucien a pu un jour confier: « On s'ennuie quand on est loin l'un de l'autre. Nous avons toujours partagé et nous n'avons jamais manqué de rien. Peut-être que je n'aurais pas tenu bon sans la présence d'Henri ».

À son 50e anniversaire d'Ordination, un confrère félicitait Henri d'avoir toujours répondu dans la joie à l'appel du Christ et d'avoir donné généreusement le meilleur de lui-même. Il ajoutait: « Je suis convaincu de me faire le porte-parole de vos anciens élèves du Collège... sur qui vous avez imprimé votre marque d'homme signifiant et de pasteur plein de sollicitude. Vous n'avez pas laissé indifférent aucun de ces jeunes qui parle toujours de vous avec admiration et respect ».

Attaché à son diocèse, Henri a conservé cette fraicheur d'âme et de coeur qui le rendait solidaire du presbyterium et des activités qui le reliaient à son évêque et à ses confrères. C'est avec enthousiasme qu'il répondait aux invitations, comme la partie de gulf annuelle, où il sortait toujours champion, conscient de leur utilité pour serrer les liens d'amitié et conserver la ferveur des jeunes années. Aussi allait-il jusqu'à s'excuser auprès de son évêque de ne pouvoir participer à la retraite diocésaine, souffrant d'incapacité reliée à une chute. Et Mgr Paul Grégoire, connaissant la fibre spirituelle de son prêtre, de lui répondre: « Je vois combien Dieu... vous aide à porter la croix. Vos jours de prière, de recueillement et de souffrance, comme vous le dites si bien, peuvent remplacer efficacement les jours de retraite annuelle. Vos jours de maladie sont une fructueuse retraite ».

Aussi, dans le travail, la vie fraternelle, la prière, Henri a-t-il pu garder la sérénité et la joie de vivre. Au directeur de l'Office du Personnel Pastoral, il pouvait confier en quittant la résidence pour personnes âgées de Maison Neuve: « Je crois avoir accompli un travail fructueux; j'ai donné tout ce que je pouvais donner et plus que le temps requis. Je peux dire qu'avec la grâce de Dieu, j'ai rempli, je l'espère, ma tâche de pasteur, de pasteurs comme Dieu les aime ».

À la veille de la grande semaine où nous revivrons le mystère de Pâques, mystère de Jésus mort et ressuscité, à notre tour, à l'exemple de notre frère Henri, nous voulons aller jusqu'au bout de notre vie, dans l'espérance de revivre avec le Christ : « Moi, je suis la résurrection et la vie, Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; tout homme qui vit et croit en moi, même s'il meurt, ne mourra pas. Crois-tu cela? ». L'Eucharistie qui va suivre renouvelle la mort et la résurrection de Jésus. Aussi, au coeur de ce mystère, nous pourrons dire avec notre frère : « Oui, Seigneur, je crois ». AMEN!

(Présentation de S.E. Mgr Jude Saint-Antoine)

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