L’engagement social

Un homme dévoué et visionnaire

Dès sa nomination comme archevêque, Mgr Jean-Claude Turcotte partage avec assurance et franchise ses premières réflexions sur la direction qu'il compte donner au diocèse de Montréal. Il connaît ses qualités de rassembleur qu'il veut mettre au service d'une Église fraternelle et communautaire.

Après consultation de son équipe, il énonce ses priorités épiscopales et missionnaires : les jeunes, la pauvreté, la multiethnicité, la famille. Il encourage à l'audace et à la créativité dans l'action évangélique.

De son discours émerge ce qui l'a conduit à la prêtrise : le besoin d'engagement social et d'aide aux plus démunis.

Prêcher par l'exemple

Issu d'une famille modeste de six enfants, le jeune Jean-Claude travaille comme moniteur dans des camps de vacances des Mouvements d'action catholique. Au temps du séminaire, il visite de jeunes détenus à l'ancienne Cour juvénile, sur Saint-Denis. En 1959, après son ordination, il devient, à sa demande, vicaire dans un quartier populaire. Il sera aussi aumônier paroissial de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Pour lui, la pauvreté est une réalité tangible. Le pauvre est une personne ayant un nom et une adresse, confrontée à un manque d'argent, de travail, d'instruction, de soins, d'écoute ou de chaleur humaine.

« Il n'y a rien de plus pénible pour moi, dit-il, que de voir un être humain méprisé, qui n'est pas respecté1 ». Il tente d'alléger cette peine par ses engagements dans des organismes comme La Maison du Père ou l'Accueil Bonneau.

Sr Nicole Fournier, qui a dirigé l'Accueil pendant 22 ans, parle de son appui indéfectible : «  Lorsque le Cardinal épouse une cause, il la porte à tout moment. Celle des itinérants est loin d'être glamour. Ils font peur à bien du monde, mais pas au Cardinal. Ces gens forment une classe abandonnée, objet de préjugés, et c'est sans doute pour cette raison qu'il s'en occupe tant ».

Le père Sylvio Michaud, ancien dirigeant de La Maison du Père, se rappelle : « Le soir du 24 décembre, après avoir dit la messe, le Cardinal faisait la distribution des bas de Noël à une centaine de nos gars. Il avait un bon mot pour chacun. Il aimait les faire rire, les encourager par un message d'espoir, leur dire qu'il y a des gens pour les aider, pour les aimer ». Mgr Turcotte a choisi comme devise de ses armoiries : « Servir le Seigneur dans la joie ». Il ne résiste pas à la mettre en pratique.  

1. MAISONNEUVE, Pierre.  Jean-Claude Turcotte. L'homme derrière le cardinal, coll. « Les grandes entrevues Pierre Maisonneuve », Outremont, Novalis, 1998, p. 50. 

RETOUR AU DOSSIER 

Commentaire


Commentaire de Armand Gargoura | 2012-08-11

Humble et pauvre comme le Fils de Dieu, ce sont les grandes qualités de sainteté du Cardinal
*
*
Veuillez calculer 3 plus 3.*