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L’itinérance au pays du soleil levant

Photo : Matthew McVickarLes pays développés et riches n’échappent évidemment pas au phénomène de l’itinérance. Ainsi, le Japon, pourtant 3e économie mondiale, n’arrive pas à loger convenablement tout son monde.

Jean Lebeau, diacre québécois associé à la Société des Missions-Étrangères (SMÉ), travaille depuis 30 ans dans un quartier de Tokyo, Sanya, au Centre Sanyukaï. Cette organisation comprend une clinique gratuite, une salle de consultation avec des travailleurs sociaux, une équipe qui s'occupe des soupes populaires, en plus d’abriter une vingtaine de personnes.

Selon Monsieur Lebeau, « le terme ‘itinérance’ ne reflète pas toute la réalité des sans-abri de la région » de la capitale japonaise, une ville de 13 222 760 d’habitants, et dont l’agglomération urbaine compterait… 38 millions d’habitants! Cinq millions de personnes de plus que la population canadienne en 2011 – 33 476 688 millions –  comprimée dans un rayon de 70 kilomètres.

La majorité des itinérants japonais sont d’anciens travailleurs journaliers qui ont perdu leur travail – pour plusieurs raisons –  dont certains ont fait faillite. « Beaucoup d’entre eux ont fait des emprunts lors du boom économique des années 70 et 80 », indique Monsieur Lebeau. « Lors de la récession des années 90, ils furent du jour au lendemain incapables de rembourser les dettes, ni même les intérêts. »

C’est pourquoi « les chômeurs se sauvent à Tokyo, sous un faux nom, et sont incapables de trouver du travail à cause de l'âge, ou du manque de qualifications ». Donc, ils se retrouvent à la rue. Jean Lebeau indique également que le pays a pris du temps à réagir, « parce que le Japon n'a pas d'histoire de services sociaux et de bien-être social » assurés par le gouvernement.  Auparavant, c'était la famille ou la compagnie qui s'occupaient des personnes dans le besoin.

« Sous la pression des médias, le gouvernement a commencé à bouger, avec des erreurs ou des échecs au début », continue le diacre. « Ce fut en même temps le phénomène des milliers de tentes bleues en plastique dans les parcs ou sur les bords des rivières. »

Aujourd’hui, Monsieur Lebeau estime qu’il y a une baisse de 70% des personnes sans-abris, « à cause des services du pays, par exemple les nouveaux services de bien-être et aussi les services assurés par les organisations civiles ».

Enfin, quel est le jugement social que l’on porte sur ces gens? « Le jugement des Japonais là-dessus varie selon le statut des personnes. Il y a ceux qui travaillent fort et qui les voient comme des paresseux ou des soulards, et d'autres sont plus sympathiques au problème, mais avec une vision assez superficielle », affirme-t-il.

Liens d’intérêts

Article sur le Japon, du quotidien français Le Monde, en 2005
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2005/09/06/le-japon-est-devenu-une-societe-a-deux-vitesses_686105_3216.html

Article sur le Centre Sanyukai (en français) : http://emmausjapon.blogspot.ca/2009/09/association-sanyukai.html

Présentation du 17e rapport sur le mal-logement en France,
par la Fondation
Abbé-Pierre
http://www.fondation-abbe-pierre.fr/

Être une famille sans-abri… en Floride
(reportage en anglais de l’émission
60 minutes) http://www.cbsnews.com/8301-18560_162-57330802/hard-times-generation-families-living-in-cars/

En français:
http://translate.google.ca/translate?hl=fr&langpair=en%7Cfr&u=http://www.cbsnews.com/8301-18560_162-57330802/hard-times-generation-families-living-in-cars/

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