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Kenya : portrait d’une situation

À quelques kilomètres au sud de Nairobi, la capitale du Kenya, se trouve Kibera, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique. Des missionnaires québécois brossent le portrait de la situation.

Deux prêtres de la Société des Missions étrangères (SMÉ) de Laval, les pères Bernard Duquette et Roland Laneuville, oeuvrent dans la région de Nairobi, la capitale du Kenya, en collaboration avec quatre séminaristes et un missionnaire laïc associé, Claude de La Chevrotière. Ils ont accepté de répondre ensemble à nos questions concernant leur travail et la situation de l’itinérance dans cette région.

1.    Quel genre de travail faites-vous à Kibera ?

Notre travail est assez diversifié. Il se fait surtout auprès des personnes.

Sur le plan éducatif, nous travaillons avec un groupe de jeunes qui ont connu la drogue et l’abus sexuel, et nous dispensons l’enseignement religieux dans une école primaire.

Dans le domaine des soins de santé, nous visitons des malades à domicile et nous effectuons du travail manuel d’entretien dans une maison pour personnes atteinte d’une déficience intellectuelle.

Au niveau spirituel, nous animons des soirées de prière avec des familles et nous donnons les sacrements, comme l’eucharistie et le baptême.

 

2.    Est-ce que vous observez de l’itinérance dans les rues de Nairobi et de Kibera? Si oui, quelles en sont les raisons?

Il y a de l’itinérance, en effet, autant chez les jeunes adolescents que chez les adultes, dans les bidonvilles comme dans les rues de la capitale. Cependant, à Nairobi les itinérants sont repoussés hors de la ville par les autorités.

Le Kenya compte beaucoup d’orphelins : au moins 1,5 million d’enfants qui ont perdu soit un seul parent, soit les deux. Souvent, ils vont demeurer chez d’autres membres de la famille. Certains sont abusés sexuellement ou sont utilisés pour mendier, alors ils quittent la maison pour vivre dans la rue.

Les itinérants adultes sont souvent des personnes avec un handicap intellectuel, voire une maladie mentale.

Les causes de l’itinérance sont multiples : la pauvreté, la maladie mentale, le manque de travail, l’alcoolisme. Aussi, les sidéens rejetés et les enfants abusés finissent souvent dans la rue.

 

3.    Existe-t-il des programmes pour soutenir ces personnes?

Il n’existe pas de programmes gouvernementaux. Le soutien vient de communautés religieuses ou d’organismes non gouvernementaux (ONG).

 

4.    Comment ces personnes sont-elles vues par les Kenyans en général?

C’est comme au Canada. Certains ont de la sympathie et vont les aider par l’achat de nourriture ou par des dons. D’autres les ignorent.

 

5.    Les autorités améliorent-elles le bidonville de Kibera? La population est-elle, au contraire, plutôt laissée à elle-même?

Le gouvernement ne prend pas soin de Kibera, pas plus d’ailleurs que des cent autres bidonvilles entourant Nairobi.

 

Liens d’intérêts

Le site de la Société des Missions étrangères
www.smelaval.org

La chaîne française d’information continue présente le bidonville de Kibera
http://www.france24.com/fr/20100930-kibera-map-bidonville-carte-internet-kenya-nairobi

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