L'épiscopat post-conciliaire (1968-1990)

tl_files/actualite/175e_diocese_montreal/gregoire-crop-art.jpgMgr Paul Grégoire assume sa charge à un moment crucial dans l'histoire de l'Église universelle comme dans celle de l'Église diocésaine.

Le Concile Vatican II vient de se terminer, en 1965. Il s'agit d'y donner suite et d'appliquer de façon concrète les grandes orientations qu'il a tracées. Au Québec, nous vivions encore la « révolution tranquille » et les bouleversements d'une société qui, pour faire peau neuve, rejette allègrement bien des valeurs et veut tourner le dos au passé. Il s'agit de rassembler toutes les forces vives de la communauté chrétienne pour affronter les vents à venir.

Dans l'allocution inaugurale de son épiscopat, Mgr Grégoire parle d'unité, de rassemblement, de nouvelles structures axées sur la participation des prêtres, des religieuses, des religieux et des fidèles, à tous les niveaux de responsabilités.

Les grands Conseils

En s'appuyant sur des comités provisoires, en y mettant le temps qu'il fallait, Mgr Grégoire s'applique à créer les Conseils suggérés ou prescrits par le Concile Vatican II :

- le Conseil presbytéral (1969), pour étudier les questions relatives à la vie et au ministère des prêtres, ainsi que les questions pastorales sur lesquelles les prêtres ont des avis à exprimer;

- le Conseil pastoral (1972), majoritairement composé de laïcs, pour collaborer avec l'évêque à la promotion de la pastorale d'ensemble;

- le Conseil des religieux (1975), pour assurer à ceux-ci un carrefour d'échanges, en vue d'une meilleure implication dans la vie et l'action de l'Église diocésaine à partir de leurs charismes;

- il faudrait ajouter la formation d'un Conseil qui réunit autour de l'évêque ses collaborateurs immédiats de la curie diocésaine(1971), aujourd'hui appelé le Conseil épiscopal.

La régionalisation

La dimension et l'extrême diversité du diocèse appelaient des instances intermédiaires de regroupement. C'est ainsi qu'en 1976, Mgr Grégoire adopte la formule des régions pastorales ayant chacune à sa tête un vicaire épiscopal. Le diocèse compte 1 570 000 catholiques répartis en six régions pastorales pour les paroisses francophones, une région regroupant les paroisses anglophones et une région regroupant les communautés ethniques et rituelles.

Les grands projets pastoraux

Les orientations majeures de l'Église de Montréal, inspirées des grands thèmes du Concile, prennent la forme de projets pastoraux diocésains. Préparés par des équipes ad hoc qui produiront des documents explicatifs et des instruments pratiques pour chacun d'entre eux, ces projets ont des titres significatifs et généreux : Bâtir des communautés vivantes (1974), Ensemble annoncer Jésus-Christ (1977), Responsabilités et engagements des chrétiens dans l'Église et dans la société (1982).

Ces projets furent providentiellement suivis d'événements festifs qui les prolongeaient en quelque sorte : visite du pape au Canada (1984), célébration du 150e anniversaire du diocèse (1986), cardinalat de Mgr Paul Grégoire (1988).

Le renouveau sacramentaire

Toujours dans la foulée du Concile, sous l'initiative et avec l'appui de Mgr Grégoire, les sacrements et leur célébration subirent une heureuse cure de rajeunissement. Rappelons la pastorale du baptême des enfants, avec le document fort prisé : Porté au baptême (1978), et les comités paroissiaux de pastorale du baptême, d'autres comités pour les sacrements de l'initiation chrétienne (pardon, eucharistie, confirmation).

Il faut greffer ici deux créations en lien avec les sacrements : le Catéchuménat diocésain (1968), destiné aux adultes qui demandent la foi et le baptême et l'Office de la famille (1980). Dans une vraie collaboration prêtres/laïcs, on se consacre à revaloriser le mariage chrétien.

Les prêtres

Mgr Grégoire a toujours fait montre d'une préoccupation attentive pour ses confrères prêtres. Il a multiplié pour eux les initiatives de soutien et de valorisation : la formation permanente, des stages, l'ouverture de la Résidence Ignace-Bourget (1981) pour les prêtres retraités, autonomes ou malades et l'Œuvre des vocations.

Les diacres permanents

En 1976, il ordonne le premier diacre permanent. En 2011, on en compte 92. Rattachés à l'évêque, les diacres permanents accomplissent des ministères de liturgie, de prédication, de témoignage et de service de la charité.

Les laïcs

Mgr Grégoire s'est employé à donner une place toujours plus grande dans l'Église aux laïcs et aux religieux, hommes et femmes, leur donnant des mandats pastoraux qui les authentifiaient comme engagés dans l'Église, en pastorale paroissiale, hospitalière, scolaire.

L'éducation

Mgr Grégoire a contribué largement à l'expression, par les évêques du Québec, de vues ouvertes, respectueuses des diversités cultuelle et culturelle de la population. Cela, tout en insistant sur la dimension religieuse comme composante essentielle de la formation intégrale des jeunes.

Le domaine social

Les démunis, les personnes seules, les immigrants, les itinérants ont toujours été au cœur de ses préoccupations sociales. Il créait la Maison du Père (1969) pour les itinérants. Il a fait plusieurs interventions publiques lors de la crise d'octobre 1970, des conflits hospitaliers et scolaires de 1976, de la grève des hôpitaux de 1979. On connaît son accueil aux réfugiés de l'Ouganda en 1979, aux réfugiés de l'Asie du Sud-est qui suscitèrent tant de générosité chez les membres de l'Église avec les 200 comités formés et les 2 000 personnes accueillies.

Il faudrait encore parler de son soutien indéfectible à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, de la relance du Service de presse, de la relance du Comité de construction et d'art sacré, souligner aussi l'action du Service de pastorale missionnaire et du Comité diocésain sur la condition des femmes dans l'Église de Montréal.

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