Les Églises, courroie de transmission

Quand on parle des pensionnats autochtones, la question du rôle des Églises finit toujours par se présenter. Elles ont joué le rôle de courroie de transmission de la politique d'assimilation qu'avait lancé le gouvernement canadien de John A. McDonald. Aux yeux de plusieurs, elles représentent les principales responsables des abus et mauvais traitements subis.

Dans ce dossier, nous ne pouvions franchement passer à côté. Non seulement parce que de l'avis même de ses membres d'aujourd'hui, les Églises - principalement Anglicane, Presbytérienne, Unie et Catholique - n'ont pas joué le rôle prophétique attendu d'elles dans cette portion de leur Histoire.

Mais aussi, parce que leur rôle n'a pas été que sombre.

Au-delà des histoires sordides entendues lors des Cercles de partage, des pages plus heureuses se sont aussi écrites. Ainsi, les Commissaires indiquent dans leur rapport Ils étaient venus pour les enfants, dans la section sur La vie du personnel, que des « amitiés se nouèrent entre d'anciens élèves et des membres du personnel des écoles, et beaucoup d'élèves conservèrent de bons souvenirs d'enseignants qui exercèrent sur eux une influence positive. »

Ainsi en 2005, le père Jean-Marie Pochat, OMI, qui fût longtemps directeur du Collège Grandin à Fort Smith dans les Territoires du Nord-Ouest, a été investi comme membre de l'Ordre du Canada à l'initiative d'anciens élèves. Il y eut également en 2003, un ancien instituteur, Ralph Ritcey, dont l'éloge funèbre fût prononcé par un de ses anciens élèves, Peter Irniq. Selon lui,  Ritcey « se souciait vraiment de l'avenir des Inuits ». Il « défendit leurs droits et joua un rôle important dans l'élimination ultérieure du colonialisme dans l'Arctique. »

Conditions difficiles

À propos des Églises, les commissaires écrivent : « Collectivement, ils furent un rouage d'un processus colonial qui s'appuyait sur une discipline rigoureuse pour étouffer la culture autochtone ». Ceux-ci rapportent également que les conditions de vie dans les pensionnats étaient précaires, non seulement pour les enfants, mais aussi pour le personnel. « Comme les élèves qui devaient s'accommoder des conditions de vie malsaines, les enseignants vivaient dans des conditions de vie spartiates. Rarement, on leur donnait les moyens de s'occuper des enfants correctement, et encore moins de leur enseigner ».

Le personnel religieux était aussi moins bien payé. « Comme les membres du personnel étaient censés trouver leur motivation dans l'engagement religieux, ils devaient travailler pour un salaire moindre que les autres enseignants. »
 
Si l'Église catholique confiait la charge des pensionnats directement aux communautés religieuses, les protestants « recrutaient du personnel en tenant compte surtout du zèle chrétien ». Ainsi, un candidat à un poste dans une école presbytérienne écrivait : « Cela fait quatre ans que je me sens appelé à consacrer ma vie à l'extension du royaume de Dieu parmi les païens et Il a éveillé en moi un désir ardent de passer le reste de ma vie parmi ces derniers, ici sur ma terre natale bien-aimée. »

Par ailleurs en Colombie-Britannique, un enseignant quitta son poste sans préavis en 1911, « dénonçant dans sa lettre de démission la manière dont le directeur traitait les élèves. L'Église anglicane fit enquête et congédia le directeur. Hélas, son remplaçant avait la réputation d'avoir un comportement tyrannique. »

Ailleurs, c'est le directeur lui-même - le père Joseph Allard - qui au début des années 20, dû démissionner à cause d'une dépression nerveuse. Les conditions de vie, autant pour les élèves que pour lui et son personnel, étaient tout simplement insoutenables.

En 1890, les Sœurs de Sainte-Anne quittèrent provisoirement l'école de Kamloops à la suite d'une dispute avec les Oblats de Marie Immaculée.

Puis, il y a eu au début du 20e siècle des femmes chez les anglicans qui détenaient des formations poussées ; d'enseignante; d'infirmière; en théologie; l'une d'elle était même diplômée d'Oxford!

Dans l'article ci-après, Jacques Laliberté, Oblats de Marie Immaculée, accepte de répondre - au meilleur de sa connaissance - aux questions qui concernent sa communauté, très impliquées dans les pensionnats autochtones.


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