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Cercle de partage : « Le cœur de l’événement »

Mgr Christian Lépine a participé à l'événement National de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), fin avril dernier. Ce n'était pas une participation officielle au sens où, bien qu'il ait été présent comme dignitaire à la cérémonie d'ouverture, l'Archevêque de Montréal n'a fait aucun discours ou déclaration officielle.

L'occasion pour lui en était d'abord une d'écoute de ce que les survivants des pensionnats autochtones avaient à dire. L'Archevêque de Montréal venait tout juste de sortir d'un Cercle de partage - qu'on m'a dit particulièrement intense -, lorsque je l'ai rencontré.

« L'expérience des résidences, des pensionnats autochtones a fait partie de l'histoire canadienne, dans laquelle des Églises chrétiennes, des institutions catholiques ont été impliquées. Alors en tant qu'être humain, en tant que canadien et en tant que catholique, je trouvais important d'être ici pour entendre ces expériences », nous a-t-il d'abord confié.

Reconnaître ce qui est arrivé

L'Archevêque était visiblement ébranlé par ce qu'il venait d'entendre. « On ne peut pas imaginer. Il faut l'entendre des survivants eux-mêmes. C'est pour ça que je suis venu : écouter, entendre, je dirais enregistrer, me laisser toucher par ce qui a été vécu. »

Selon Mgr Lépine, « L'inspiration géniale » que constitue la CVR permet de réconcilier les parties que sont les Églises, la population canadienne et les peuples autochtones. « Ça s'est développé sur plusieurs décennies, ça va prendre - à la grâce de Dieu - le temps que ça prend pour se réconcilier. »

Et le Cercle de partage constitue selon lui « le cœur de l'événement, parce qu'on entend les autochtones qui parlent d'eux-mêmes, qui parlent de leur expérience ».

Une phrase ressort de la rencontre : « ''They took me away'', 'Ils m'ont enlevé de mes parents'... c'est très puissant », estime l'Archevêque. « Pour ma part, c'est très difficile à comprendre... qu'on ait arraché de façon systématique, de génération en génération, des enfants à leurs parents, souvent à partir de l'âge de 5 ans, y en avait même un c'est à partir de 3 ans. Ça dépasse l'entendement que ça puisse arriver. »

« Le moins qu'on puisse faire, c'est de reconnaître que c'est arrivé », estime-t-il.

Courage et humilité

Mgr Lépine a été frappé par l'humilité et le courage des survivants qui racontent leur expérience.  « Je suis frappé par leur humilité parce que ce n'est pas facile de parler de traumatismes, de drames que l'on a pu vivre; de leur courage [aussi], parce que ça prend du courage », ajoutant : « Je suis en admiration devant eux; qu'ils tiennent assez à la réconciliation pour faire cette démarche et venir se dirent. »

La réconciliation est un jeu qui se joue à deux. Est-il possible selon Mgr Lépine que des religieux, des religieuses et d'anciens pensionnaires se rencontrent dans une démarche de réconciliation?

« Il existe parallèlement à la CVR une démarche qui s'appelle ''Retour à l'Esprit'' », explique Mgr Lépine.  « Des autochtones et des non autochtones sont appelés à suivre une démarche chacun de part et d'autres. Et à une autre étape, ils sont appelés à se retrouver ensemble pour échanger ». Commencée dans l'Ouest, cette démarche est présentement en cours de traduction française. 

« Donc en principe, il y a aura là une possibilité : parce qu'il faut encadrer, il faut accompagner. Parce que ce sont des questions très délicates, parce qu'il y a beaucoup de blessures. Donc il faut accompagner. »

Ce qui ne lui enlève pas l'incompréhension : comment ces missionnaires, religieux et religieuses « dévoués » ont pu se retrouver dans un tel système qui compromette leur vocation se demandent Mgr Lépine. « Par expérience personnelle, je crois en la générosité de ceux et celles qui se sont impliqués, mais en même temps, il y a quelque chose d'incompréhensible qui est arrivé... ça demeure mystérieux.»

L'Archevêque de Montréal « admire la confiance que les autochtones ont eu en commençant ce processus » de communiquer leur expérience. Une confiance qu'il traduit comme une main tendue. « Ils nous tendent la perche, c'est eux qui prennent l'initiative, c'est leur idée. Et nous, comment on se situe vis-à-vis ça? Comment peut-on répondre à cette démarche? », interroge Mgr Lépine.

Comment l'ensemble des 'blancs catholiques' devraient recevoir ce qui se dit à la CVR?  « Je dirais tout simplement avoir ce temps où on écoute, on entend, on enregistre. On prend conscience, on découvre. Pas dans le sens de la culpabilité. D'ailleurs c'est l'une des forces de cette démarche : elle n'est pas faite dans le but de culpabiliser qui que ce soit. De ce que je comprends, elle est faite dans le but de faire connaître la souffrance qui a été vécue; on ne peut pas l'ignorer », estime l'Archevêque de Montréal.


Commentaire


Commentaire de Hélène Sauriol | 2015-06-10

Merci Mgr Christian Lépine pour votre témoignage sur le courage et l'humilité des autochtones qui ont communiqué leurs expériences de souffrance. Alors que la Commission de Vérité et Réconciliation était venue à Montréal au Reine Élizabeth, j'ai vécu une fin de semaine complète parmi ces blessés dès leurs jeunes âges, et j'ai entendu, écouté, regardé, parlé, questionné, consolé, pleuré, chanté, marché, mangé, prié avec eux dans une véritable fraternité. Je garde le souvenir de ces belles amitiés où le dialogue était rempli de confiance et où le cœur à cœur était vraiment présent.
Je suis avec vous Mgr Lépine pour inviter à une réelle prise de conscience et qu'il est important de ne pas ignorer la démarche et le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation.

Maintenant je demeure à Saint Hyacinthe, mais je suis en contact quotidiennement avec le diocèse de Montréal grâce au courriel et à Facebook, ainsi que le transmission par vidéo. Entre autres j'ai bien aimé être en contact direct au Grand Séminaire de Montréal : les vidéos du Nonce apostolique, des 2 messes etc. Sylvain Cloutier et Mission Jeunesse ont été fidèles à publier cet heureux évènement.

S.V.P. Mgr Lépine priez pour moi !
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Veuillez additionner 4 et 8.*

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