Départ pour le conclave

7 mars 2013

Qui d'entre nous n'a pas un jour ou l'autre pris un taxi pour se rendre à un rendez-vous ou tout simplement pour se reposer après une journée exténuante?  Depuis mon arrivée dans la ville éternelle, j'ai eu tout le loisir d'observer et d'utiliser ce mode de transport à mes risques et périls. Les nombreuses voitures blanches facilement identifiables à leur sigle  jaune et blanc vous mèneront à bon port, mais pas nécessairement par le chemin le plus court.  De nombreux touristes se plaignent d'ailleurs d'avoir fait les frais de surfacturation, sans compter les détours souvent inutiles qu'on attribue à la lourdeur de la circulation. Ils sont en cela un peu semblables à nos chauffeurs de taxis montréalais, que j'aime bien malgré tout.

Mais c'est dans l'art de conduire qu'ils surpassent tout ce que j'ai vu et expérimenté. Malheur à vous, piétons, si vous vous aventurez sur les clous sans regarder à 360 degrés. Un taxi qui passe peut en cacher un autre qui repasse à toute vitesse. Il faut les observer, se dérobant à tous les obstacles tout en parlant dans leur portable avec force geste de la main, parfois même des deux mains. Une file n'avance pas: qu'à cela ne tienne. On coupe à droite ou à gauche et «basta à la polizia municipale» qui regarde ailleurs.    

Et voilà que tout à coup, ils deviennent d'une extrême politesse au volant, s'arrêtant brusquement pour laisser passer une voiture ou simplement permettre à un piéton de traverser la rue. Le compteur, lui, ne s'arrête pas de tourner pour autant.  Nous repartons sur les chapeaux de roue.   

Le cardinal se rend habituellement au Vatican dans une voiture de fonction. Hier matin, pour une raison obscure (il y aura sans doute une commission d'enquête à ce sujet), celle-ci n'était pas arrivée à l'heure prévue et nous nous sommes donc repliés sur le taxi. La rencontre débutant à 9h30, il était déjà 9h15 et je me demandais bien comment nous pourrions arriver avant le début de la session.  Le cardinal, utilisant son italien fleuri, a expliqué l'urgence de la situation.  Il n'en fallait pas plus pour que notre chauffeur déploie tous ses talents d'artiste du volant. Zigzaguant, coupant vélos et autobus, évitant piétons de tout genre, il nous a conduis en un tour de main à la salle Paul VI, non sans manquer d'envoyer valser journalistes et gardes suisses à l'entrée du Vatican. 

Ce matin-là, je suis revenu à pied à la résidence. 

Richard Saint-Louis, d.p. 


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